Observateur minutieux des scènes qui se déroulent sous ses yeux, il croque à vif les caractères dans leur vérité crue. La rigueur du trait rend hommage aux charpentes des bateaux, aux visages burinés des marins, à ce monde d’hommes rugueux et fraternels. Ils l’emmèneront à bord, il sera des leurs. Embarquer, larguer les amarres, hisser les voiles, jeter et tirer les filets. « Oh ! Combien de marins, combien de capitaines qui sont partis joyeux pour des courses lointaines... ».
Des souvenirs à ras bord, il affûte sa plume, emplit ses carnets, témoigne. La coque s’enfonce dans la brume, au loin tous les mirages de la vie rêvée de Paul GUTERMAN. Partir enfin, être libre.
Inventive, la scénographie nous emporte, alors, vers des œuvres surréalistes magistrales. Un torse viril s’extirpe des entrailles de la terre, de la mer féconde. Arc-bouté sur son ancre, l’homme sauvera-t-il l’humanité ? D’un seul geste, il crève la perspective. Ferrailler contre les éléments, les vents contraires. À la lueur du phare, la femme s’échoue sur les rivages du possible. Incertains, tous deux attendent le réveil du jugement : « L’œil était dans la tombe et regardait Caïn ». humaniste, invite à décrypter le symbolisme qu’il
distille : un beau voyage dans le mystère des terres et mers promises.